Mandat de l’opérateur : que change la loi de simplification de la vie économique ?
L’article L. 34-9-1-1 du code des postes et des communications électroniques prévoit que la TowerCo transmet en mairie un mandat de l’opérateur avant la réalisation des travaux.
La loi de simplification de la vie économique a modifié ces dispositions afin d’ériger en condition de validité du contrat d’achat, de bail ou de réservation d’un terrain pour y installer un site de téléphonie mobile, la transmission du mandat de l’opérateur.
En revanche, aucun changement en matière d’urbanisme : l’absence de mandat de l’opérateur reste inopposable à l’autorisation d’urbanisme mais seulement nécessaire à la réalisation des travaux.
En vertu,
- du principe d’indépendance des législations,
- et du caractère limitatif des pièces composant un dossier de déclaration préalable prévu aux articles R. 431-35 et 36 du code de l’urbanisme,
un moyen tiré du non-respect du code des postes et communications électroniques n’est pas opposable à une autorisation de construire (CAA Douai, 1re chambre, 13 septembre 2018, n° 17DA01709 – TA Nîmes, 10 juillet 2020, n° 1802585 – CAA Toulouse, 4e chambre, 4 juin 2026, n° 24TL00834).
En effet, les projets d’antennes relais ne sont concernés :
- ni par les dispositions des articles R. 425-16 à R. 425-22-1 du code de l’urbanisme relatives aux opérations pour lesquelles la décision prise sur la déclaration préalable est subordonnée à un accord prévu par une autre législation,
- ni par les dispositions des articles R. 425-30 à R. 425-31-1 du code de l’urbanisme relatives aux opérations pour lesquelles la réalisation des travaux est différée dans l’attente de formalités prévues par une autre législation,
- ni par les dispositions des articles R. 431-13 à R. 431-33-2 du code de l’urbanisme relatives aux pièces complémentaires exigibles en fonction de la situation ou de la nature du projet.
Dans ces conditions, l’absence de transmission au maire d’un mandat de l’opérateur est donc sans incidence sur le dépôt d’une déclaration préalable ou d’une demande de permis de construire pour l’installation d’un site de téléphonie mobile, et sur l’instruction de cette demande.
Ainsi, saisi d’une déclaration préalable de travaux ou d’une demande de permis de construire pour l’installation d’un site de téléphonie mobile, le maire ne peut légalement s’opposer au projet au motif que la TowerCo ne justifierait pas d’un mandat de l’opérateur.
En revanche, le maire est tenu de dresser procès-verbal d’infraction aux règles d’urbanisme lorsqu’un pylône de téléphonie mobile est installé (ou réinstallé) par une TowerCo sans qu’elle n’ait justifié d’un mandat de l’opérateur (TA Strasbourg, 3 septembre 2026, n° 2304804).